J.J. Milteau BLUEZZ GANG, featuring J.J. Milteau, E. Bineau, M. Robinson, G. Boclé, S. Bernier

Sans le Blues, le Jazz aurait raté son entrée et sans le Jazz, le Blues serait resté ignoré. 100 ans après la publication du Saint Louis Blues de W.C. Handy, J.J. Milteau et Edwar Bineau ont décidé de célébrer cette cousinade en douze mesures et bien plus quand affinités ...

On considère souvent que le blues est à l’origine du jazz, une sorte de géniteur un peu simplet à qui il convient de rendre de temps en temps hommage. En réalité les deux musiques se sont croisées à un moment crucial : les débuts de l’enregistrement. Le blues était alors particulièrement en vogue auprès d’une communauté noire essentiellement rurale qui cherchait à s’émanciper d’un statut proche du servage en émigrant vers les villes industrielles du Nord et de la côte ouest des États Unis. Le succès des chanteuses de blues classiques accompagnées par des musiciens de jazz incita ceux ci à valoriser les connotations blues dans leur jeu ... et dans leur communication. Bien des titres instrumentaux se terminent par "blues" sur les premiers enregistrements de jazz. La mode n’est évidemment pas étrangère à ces choix. Alors que le blues est une musique instinctive, à l’origine pratiquée par des musiciens non professionnels, le jazz est une musique savante qui demande un minimum de connaissances instrumentales mais aussi théoriques. Le jazz se nourrit de toutes les musiques qu’il côtoie : fanfare, standards de Broadway, musiques latines ou manouches, rock, electro ... Le blues reste une musique mère, influente mais intransigeante, attachée au poids des notes et des silences plus qu’à la virtuosité et à la richesse harmonique, ce qui lui confère une aura d’authenticité. Les grands interprètes de jazz se réapproprieront périodiquement le blues tout au long du XXe siècle, en tout cas jusqu’à l’avènement de la soul, lorsqu’il s’agira de revendiquer une identité afro américaine. Si le blues apparaît comme relativement simple à jouer, c’est en réalité un matériau sensible qui se doit d’être habité d’une intense ferveur pour ne pas paraître anodin. Le plus dur est d’y conserver une certaine candeur mâtoise qui est la clé d’une saine relation entre le musicien de blues et son public. De Count Basie à Mose Allison, les pianistes ne manquent pas qui se sont régalés à jouer le blues. Edwar Bineau est plus connu pour ses vertus de mélodiste, mais j’ai découvert au détour d’un article sur lui qu’il avait débuté la musique par l’harmonica blues. Curieux, je l’ai contacté et d’un café dans sa salle de musique a surgi ce projet : demander à des musiciens de jazz de jouer le blues à leur façon. La réponse a été massivement positive et c’est un grand plaisir pour moi de partager la scène avec eux. La voix angélique de mon distingué complice Michael Robinson apporte sa touche soul indispensable à une telle entreprise.

J.J. MILTEAU

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